Accueil > Actualités > Rapport sécurité routière > Rapport sur la sécurité routière 2019 : Les enfants et la circulation routière

Rapport sur la sécurité routière 2019 : Les enfants et la circulation routière

Rapport sécurité routière 2019 DEKRA : Les enfants et la circulation routière

Octobre 2019
DEKRA présente son rapport annuel 2019 sur la sécurité routière complété par une étude OpinionWay diligentée par DEKRA* sur la sensibilisation des enfants à la sécurité routière en France.

• 63% des 5-14 ans sont quotidiennement confrontés aux dangers de la route sur le chemin de l’école.
• Une majorité de Français considère que les plus jeunes ne sont pas assez sensibilisés à la sécurité routière.
• Les éléments rétroréfléchissants peuvent sauver des vies.

  

Les accidents touchant des enfants restent de véritables tragédies que ce soit pour les familles ou les personnes impliquées. Et même si de réels progrès ont été constatés, la route reste la première cause de mortalité infantile à l’échelle mondiale, avec 593 enfants de moins de 15 ans décédés en Europe et près de 112 000 dans le monde (chiffres 2017). Ce sont donc 300 enfants qui meurent chaque jour sur la route au niveau mondial, auxquels s’ajoutent 1200 handicapés et 3000 blessés graves dans le même laps de temps. En France en 2017, ce sont 103 jeunes de moins de 15 ans qui ont perdu la vie sur la route. Les jeunes français de 0 à 13 ans sont majoritairement (à 54 % en 2017) victimes d'accidents graves en tant que piétons ou cyclistes alors que sur la tranche la plus âgée des 14-17 ans se sont près de 60% qui sont victimes d’accident grave en tant qu'usagers de deux-roues motorisés.

En Europe le nombre de tués de moins de 15 ans a baissé de 55 % entre 2005 et 2017. Pour autant comme le souligne Xavier Diry, Directeur Général Contrôle Technique France DEKRA Automotive, « malgré une évolution positive sur le long terme, la situation actuelle n’est en aucun cas satisfaisante. En effet, DEKRA poursuit une « Vision Zéro », ce qui signifie que l’objectif des efforts politiques en matière de circulation routière est d’éliminer complètement les accidents mortels sur les routes et en premier lieu celle qui touche les enfants. »

Les enfants ne sont pas des modèles réduits d’adultes. Leurs perceptions, capacités et réflexes diffèrent des nôtres, ils n’ont donc pas la même vision de la route. Perception auditive, fonctions visuelles, aptitudes et capacités motrices, capacités cognitives, compréhension des situations, mise en perspective égocentré, conscience du danger sont très éloignées de celles des adultes et deviennent des facteurs d’accidents quand elles sont méconnues.

Connaître ces différences doit permettre aux adultes d’adapter leur conduite à la spécificité de ces usagers de la route, aux formateurs de les prendre en compte dans leurs cours et aux parents de se souvenir qu’ils restent le meilleur exemple pour leurs enfants.
Certaines tendances se dégagent en matière de prévention et d’information notamment grâce aux nombreuses études menées à travers l’Europe. Toutes tendent vers la « Vision zéro » pour laquelle milite DEKRA depuis de nombreuses années.

Un certain nombre de mesures ont été prises en France ces dernières années. Mesures de bon sens, pourtant selon le Sondage OpinionWay pour DEKRA, une majorité de Français (58%) considère que les enfants ne sont pas assez sensibilisés à la sécurité routière. Ils sont d’ailleurs favorables à l’intégration de leçons de prévention au cours de la scolarité.

Paradoxalement les mesures de prévention routière déjà existantes à l’école sont globalement méconnues et si la question du rôle des parents dans ce processus d’acquisition des règles semble primordiale près de quatre parents sur dix estiment ne pas avoir une influence positive sur leurs enfants en matière de sécurité routière lorsqu’ils sont au volant. Enfin, selon le rapport DEKRA, les enfants de moins de 15 ans sont particulièrement exposés aux dangers de la route et notamment sur le chemin de l’école emprunté régulièrement à vélo ou à pied par plus d’1/4 des enfants.

Les mesures de protection physique à destination des enfants semblent mieux connues des Français. Neuf Français sur dix ont déjà entendu parler de l’obligation d’avoir un siège auto adapté à la taille de l’enfant (depuis 2013) et 85% savent que les moins de 12 ans ont l’obligation de porter un casque à vélo alors qu’il s’agit d’une mesure récente (2017).

Comme DEKRA l’a démontré à plusieurs reprises dans de précédents rapports sur la sécurité routière, les erreurs humaines sont souvent à l’origine des accidents de la route. Le non-port de la ceinture de sécurité, l'usage incorrect ou l'absence d'un système de retenue pour enfant ou encore l'absence de casque contribuent à aggraver les blessures.

« Les systèmes d’aide à la conduite (freinage automatique), les dispositifs d’attache de plus en plus performants, ou encore la structure et le design des véhicules optimisés pour la protection des piétons sont les pistes suivies pour réduire le nombre d’accidents et/ou leurs effets » mentionne Rémi Courant, Directeur technique et qualité DEKRA Automotive SAS.

Mais les véhicules ne sont pas les seuls concernés et au-delà des technologies pour la sécurité, du respect des règles du code de la route, l'infrastructure joue également un rôle important pour la sécurité des enfants sur les routes.

Enfin, les enfants peuvent agir pour que leur parcours soit plus sûr, notamment en portant systématiquement des vêtements à contraste élevé avec des éléments rétroréfléchissants et en s’assurant du bon état de leur bicyclette (freins et lumières).

La technologie, l’aménagement des infrastructures et les mesures prises ces dernières années ont permis de diminuer le nombre de morts sur les routes. Mais, rappelle Karine Bonnet, Présidente du réseau et directrice générale adjointe marketing-ventes DEKRA Automotive SAS, « les bonnes pratiques et la formation des jeunes enfants restent la meilleure piste pour éviter des tragédies. En France en 2017, près de 20 % des enfants décédés dans une voiture de tourisme lors d’un accident de la route n’étaient pas attachés. » (Chiffres de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière).

Même si la situation a évolué de manière positive ces dernières années, il reste encore fort à faire pour améliorer durablement la sécurité de cette tranche d’âge sur les routes. Le facteur humain, les technologies automobiles et les infrastructures sont concernés.

LES 13 RECOMMANDATIONS DE DEKRA POUR FAIRE BAISSER DE FAÇON DURABLE ET SIGNIFICATIVE L’ACCIDENTOLOGIE DES MOINS DE 15 ANS

1. Les enfants doivent toujours être transportés aux places prévues à cet effet dans/ou sur les véhicules (voitures, vélos, motos).

2. Quel que soit le trajet, les enfants doivent être transportés dans des systèmes de retenue adaptés à leur âge et/ou à leur taille (siège auto, coque pour bébé). Cela vaut même pour les courtes distances et bien entendu pour leur tout premier voyage en voiture, par exemple pour rentrer de la maternité à la maison.

3. Les enfants à vélo doivent impérativement porter un casque en toutes circonstances, comme l’imposent certains pays. Les parents doivent absolument montrer l’exemple et en porter un aussi.

4. Les vélos, même ceux des enfants, doivent être équipés de dispositifs d’éclairage passifs et actifs fonctionnels (comme l’exige par exemple le code de la route allemand) afin que les jeunes cyclistes soient parfaitement visibles de jour comme de nuit.

5. Il faut promouvoir l’adoption des règles, notamment en ce qui concerne la vitesse, le respect des feux de circulation et le comportement vis-à-vis des piétons et des cyclistes, en les expliquant de manière approfondie et répétée.

6. Les parents doivent permettre à leurs enfants d’acquérir une expérience de la circulation routière et les compétences qui y sont liées, en tenant compte bien sûr de leur âge et de leur stade de développement.

7. Si les parents ne peuvent absolument pas éviter de conduire leurs enfants à l’école en voiture, ils doivent au moins s’organiser de manière à ne mettre personne en danger aux abords de l’établissement.

8. Les obstacles gênant la visibilité à hauteur des zones d’insertion, des croisements et des passages piétons (véhicules garés, panneaux, éléments d’infrastructure ou mobilier urbain) doivent être éliminés, car ils présentent un risque d’accident élevé.

9. La vitesse de circulation doit être systématiquement limitée à 30 km/h maximum sur les itinéraires menant aux écoles ainsi qu’aux abords des établissements scolaires, des crèches et des aires de jeux afin de garantir la sécurité.

10. Les enfants doivent apprendre à se comporter de manière adéquate dans les bus et aux arrêts de bus.

11. Pour que les cyclistes roulent en toute sécurité, un entretien soigneux des pistes cyclables est incontournable.

12. Pour que les enfants et adolescents puissent prendre part en toute sécurité à la circulation routière, il faut les y éduquer dès leur plus jeune âge.

13. Chaque adulte doit être conscient de son rôle de modèle pour les enfants. Peu importe que des enfants soient visibles ou non, et en particulier si des enfants sont à bord du véhicule, un adulte doit toujours se comporter de manière à permettre aux enfants d’adapter leur comportement sans se mettre en danger.

*Sondage OpinionWay diligenté par DEKRA effectué les 11 et 12 septembre 2019 sur un panel de 1005 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Retour
Vous souhaitez obtenir plus
d'informations sur nos activités ?

suivez-nous sur les réseaux sociaux